Menaces sur la liberté d'instruire son enfant : Réagissons !


Aujourd'hui je vous propose un courrier visant à réagir non seulement face à la proposition de loi dont je vous parlais ici, mais également face à de nouvelles mesures liberticides envisagées sous la forme
- d'un amendement
- d'un décret imposant les paliers scolaires (différents cycles) et des tests écrits et oraux aux enfants non scolarisés

Même si nous ne serons bientôt plus concernés impossible pour moi de ne pas réagir.
Les enfants de mes enfants doivent avoir le droit d'apprendre librement !
Et puis je n'oublie pas qu'il y a des milliers de M. et L. pour qui l'instruction en famille est une chance indispensable !
N'hésitez ni à faire circuler ce billet ni à diffuser le courrier proposé ci-dessous.
Vous pouvez l'envoyer à votre député ou à votre sénateur en modifiant dans ce cas "député" en "sénateur" ou pourquoi pas aux ministres puisqu'un décret peut être pris en conseil des ministres ou conseil d'Etat (ou Premier ministre seul).
D'autre part n'hésitez pas à adhérer aux associations, ce sont elles aussi qui nous défendent, elles grâce à qui nous avons eu ces informations ; un nombre plus grand d'adhérents nous donne plus de poids face aux élus.
Le communiqué de presse de CISE réalisé ce jour est visible ici

Ensemble serrons-nous les coudes : familles non scos ou familles scos, qui sait si demain vous ne serez pas concernés ?

Lien pour télécharger la lettre aux députés ou sénateurs en format PDF ici.
Lien pour la télécharger en format Word afin que vous puissiez la personnaliser pour vous l'approprier.

Ci-dessous copie de la lettre :



Votre adresse
Destinataire
Le 31 mai 2016



Objet : Modification de la législation concernant l’instruction en famille

Madame, Monsieur le député

Différentes mesures sont envisagées afin de limiter la liberté d’instruction en famille sur lesquelles il est important de porter votre attention.
Il s’agit :
·       De la proposition de loi N°3704 déposée à l’Assemblée Nationale le 27 avril 2016, proposition de loi visant à renforcer l’encadrement des établissements privés hors contrat et à limiter les possibilités de dérogation à l’obligation scolaire.

Si cette loi passe, il ne sera plus possible d’instruire son enfant sans raison acceptée par le DASEN (Directeur académique des services de l’Education nationale) et même une situation de handicap sera tolérée uniquement «en attente de scolarisation dans un établissement médico-social ». Or pourquoi un enfant handicapé devrait-il voir ainsi son avenir prédéterminé ? Nous savons tous combien ces établissements font défaut en France, combien ils peinent encore à s’adapter aux besoins réels et particuliers des enfants.

En outre, pour rappel :
« Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, article 26-3.
« Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’Etat, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. »
Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, 1952, article 2, protocole n°1.
« La liberté de créer des établissements d’enseignement dans le respect des principes démocratiques, ainsi que le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques, sont respectés selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. »
Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2002, Article 14-3.

« L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix. […] »

Article L.131-2 du Code de l’Education

La devise de la France est « Liberté, Egalité, Fraternité », si la liberté d’instruire son enfant est supprimée, cette devise aura-t-elle du sens ? Serons-nous encore les représentants d’une France libre ? La liberté des hommes commence par celle des enfants, par celle d’apprendre librement, d’exercer la liberté de penser.


·       En outre un décret est prévu : ce décret prévoit que les enfants instruits en famille seraient soumis à des exercices écrits et oraux ainsi qu’aux paliers des différents cycles prévus à l’école.
Une fois encore une telle imposition irait à l’encontre de la liberté d’instruction puisqu’un certain nombre de parents choisissent de ne pas suivre la progression de l’Education Nationale, mais celle de leur enfant, ce choix ne porte absolument pas préjudice à la réussite ultérieure de leur enfant. Ainsi un certain nombre d’études internationales révèlent que les enfants instruits en famille obtiennent de très bons résultats :
« Les études faites dans différents états démontrent que les enfants non scolarisés ayant passé des tests standardisés donnés habituellement aux enfants scolarisés ont eu des scores élevés par rapport à la moyenne nationale. » (RAY 1990, Wartes 1989, Etat de Tennessee, Etat d’Oregon).

En France différents intervenants s’intéressent aux familles instruisant leurs enfants mais aucun chiffre officiel n’est encore avancé. Il convient cependant de savoir qu’un certain nombre d’enfants sans école ont réussi des examens tels que le DNB ou le bac sans avoir respecté les paliers imposés à l’école, mais en suivant leur rythme personnel.

En effet l’enfant qui apprend pour lui-même est plus efficace. De plus l’instruction en famille permet de bénéficier d’une pédagogie entièrement personnalisée, c’est d’ailleurs une des raisons fréquentes de ce choix : l’enfant bénéficie d’une instruction unique, totalement adaptée à ses points forts et difficultés.

Certaines familles choisissent l’instruction en famille pour préserver le bonheur d’apprendre de leurs enfants.
Un grand nombre de familles ont perdu confiance dans le système éducatif actuel : harcèlement scolaire, besoins de leurs enfants non pris en compte (dys, autisme, mais aussi tout simplement besoin d’aller un peu plus vite ou plus lentement, développement hétérogène par rapport aux paliers scolaires imposés, etc.).
En effet le développement d’un enfant n’est pas linéaire : chaque enfant ne marche pas au même âge, chaque enfant ne parle pas au même âge, chaque enfant n’est pas « capable de participer à une lecture dialoguée après préparation » à 8 ans (compétence attendue dans les paliers prédéterminés par l’Education nationale).
L’Education Nationale a choisi ces paliers afin d’avoir des normes sur lesquelles s’appuyer.
L’Instruction en famille construit ses normes à partir de l’enfant unique et individuel.

Certes on nous affirme qu’une circulaire parlera de moyens et non de résultats, mais une circulaire a moins de force qu’un décret, elle n’est pas la loi et des dérives sont tout à fait possible en fonction des choix et opinions de la personne en charge du contrôle.
De plus il est question d’appuyer le contrôle sur des tests imposés, or ces tests prendront-ils en compte les moyens d’apprentissage des enfants instruits en famille ? En effet il n’existe pas une seule et unique manière d’apprendre et un enfant peut avoir appris sans avoir réalisé d’exercices scolaires formatés à l’école. Si vous savez réparer une voiture, saurez-vous pour autant rédiger une note argumentée pour expliquer comment vous avez procédé ? Ou au contraire si vous savez rédiger une note argumentée, savez-vous réparer une voiture ? Les compétences et savoirs peuvent prendre différentes formes et aboutir à un résultat proche : des connaissances identiques mais un chemin différent ne peut donner lieu à des exercices identiques.

De plus imposer des exercices signifie que la conclusion du contrôle pèse sur les épaules de l’enfant, est-ce anodin ? La poursuite du travail d’un enseignant repose-t-elle sur les épaules d’un seul élève au risque que celui-ci supporte mal la pression imposée ?
Dans « Liberté pour apprendre », Carl Rogers dénonce le postulat affirmant qu’ « enseigner, c’est évaluer ; évaluer, c’est enseigner », précisant que 10 à 50 % des étudiants en première session de psychologie échouent… La pression est trop forte. Une évaluation peut de plus être faussée si l’enfant est malade ou fatigué. Comment peut-on prétendre s’assurer qu’il y a instruction avec des tests imposés ?
Certaines familles les apprécient, certains enfants apprécient malgré tout ces exercices, laissons à chaque famille le soin d’évaluer si ce déroulement correspond à leur enfant et à leur mode d’apprentissage.


Comme cela se pratique à l’heure actuelle il est tout à fait possible de s’assurer de la réalité de l’instruction en regardant les supports utilisés.

Madame, Monsieur le député, préservez la liberté en France !
Madame, Monsieur le député, permettez aux enfants d’avoir une alternative à l’école, une possibilité d’apprendre entièrement adaptée à eux, à leurs besoins, toujours dans un objectif d’être correctement instruit.
Qui sait si demain votre enfant, votre neveu ou nièce, votre petit-fils ou votre petite-fille n’aura pas besoin d’apprendre autrement ?

Veuillez agréer, Madame, Monsieur le député, l’assurance de ma parfaite considération.

14 commentaires:

  1. quel bel exercice que vous avez fait là ! Quel bel exemple pour vos enfants ! En partant du principe que l'on ne peut enseigner que ce que l'on est, whouaou :)
    Merci :)

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    1. Merci. Justement mes filles m'ont permis d'avoir du temps pour écrire ce courrier en s'organisant sans moi, en le relisant avec moi et même en prenant le relais pour le partager ici et là. Et oui elles se sentent à 100 % concernées même si ce ne seront plus elles qui auront besoin de cette liberté pour leur propre instruction !
      Bonne journée !

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  2. La proposition de loi d’E. Ciotti m’avait déjà inquiétée, mais cette perspective d’amendement me perturbe vraiment et je ressens le besoin d’agir…
    Merci de cette initiative !

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    1. Celle-ci je n'y ai jamais cru... Pas le bon parti, argument fallacieux...

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  3. Merci, je ne suis pas encore tout à fait concernée puisque mon aîné est encore au collège pour quelques semaines, j'espère qu'il sera en IEF à la prochaine rentrée et ma petite dernière n'est pas encore soumis à l'obligation scolaire mais je diffuserai un maximum autour de moi.

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    1. Oui je pense que pour l'an prochain il n'y aura pas de souci... A titre personnel je me demande s'il n'y a pas une volonté d'inquiéter pour décourager certaines familles. Mais il y a aussi une circulaire en cours de création : serait-ce le cas si le droit d'instruire son enfant sans raison acceptée avait une chance de passer dès à présent ? Mais restons vigilants... Rogner une liberté après l'autre est une possibilité bien plus grande... Voilà pourquoi je réagis.

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    2. je pense que pour mon Grand étant donné qu'il est autiste, il va me falloir l'aval de la Maison du handicap, mon courrier est parti ce matin mais avec ce qui se trame, je ne sais pas s'ils vont accepter...

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    3. Pour le CNED réglementé, il faut en effet une autorisation mais il peut apprendre sans au cas où. :)
      Etant donné les difficultés à trouver une place aux enfants autistes dans un système classique, il me semble que vous avez cependant de bonnes chances d'obtenir cette autorisation. En effet plusieurs de mes amis qui ont un enfant autiste ont régulièrement eu l'impression que l'IEF était une alternative logique pour les personnes en charge du contrôle...

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  4. Les derniers évènements m'ont décidé et à écrire au député, et à adhérer à une association qui agit au niveau national (Led'a, LAIA ou CISE, je ne sais pas encore, ça va finir en plouf plouf mais comme les trois agissent de concert, adhérer reste le principal à mes yeux).

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    1. Tu peux aussi adhérer à 2 ou 3 assos ;) Nous avons adhéré aux 3 il y a 10 ans bientôt et maintenant à deux même si ce n'est plus par besoin. :)
      Bonne journée !

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    2. La limite étant toujours la même, les montants cumulés des adhésions ;-)

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    3. ;) De mon côté j'avais échelonné : une en février, l'autre en juin et la dernière en fin d'année. Maintenant j'ai aussi arrêté pour des raisons financières....

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  5. Merci du fond du coeur pour ce courrier si complet...ici fille 10ans ns et ptit gars de deux ans alors besoin de cette précieuse liberté !

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