Dys et "école à la maison"


dyslexie et instruction en famille

    Dernièrement j'ai appris que de fausses informations circulaient... Il est si facile de juger d'une réalité, d'en parler sans la connaître intimement... Ainsi il semblerait que les troubles dys et peut-être même autistiques n'existeraient pas... Franchement je n'ai pas pu lire l'article en entier tant il m'a donné la nausée... Le billet ci-dessous me tient particulièrement à coeur car il n'est pas possible pour moi de rester impassible en pensant aux enfants dont on nie ainsi la souffrance...



   Les "fausses dyslexies"

Différentes études et expériences montrent que des difficultés disparaissent spontanément avec le temps.

Anne-Marie Gaignard est un exemple vivant de faux diagnostic. Dans son livre "La revanche des nuls en orthographe",  elle explique ainsi que ses difficultés importantes étaient en réalité liées à une méthode qui n'a pas su lui donner les bonnes bases. Forte de son expérience et d'expérimentations auprès d'enfants et d'adultes elle a mis au point une méthode utile pour ceux qui ont simplement besoin de revoir ou consolider les fondamentaux.

D'autre part il est dommage que les familles instruisant leurs enfants ne soient généralement pas comptabilisées dans les diverses statistiques car il apparait très clairement que chacun a son propre rythme ainsi aucun de nous ne marche ou ne parle au même âge, il est totalement artificiel de penser que tout le monde lira à 6 ans... Si on suit le rythme de chacun, certains lisent dès 4 ans quand d'autres ne lisent pas avant 9 ou 10 ans.

Sur ce blog et dans la vie, je recommande constamment la prudence : pas de diagnostic précoce ou d'inquiétude hâtive, ayons confiance en l'enfant, donnons-lui du temps. 

Si un problème se présente, on devrait systématiquement se demander si l'enfant est prêt, s'il a envie d'apprendre à lire : on ne peut obliger personne à apprendre, on peut l'obliger physiquement à être là, mais on ne peut pas contraindre un esprit à apprendre. Au contraire essayer en abusant du forcing, c'est le meilleur moyen de créer un blocage...

Ensuite si l'enfant est motivé et que ça ne fonctionne pas, je recommande toujours une autre approche, c'est ainsi que j'ai pu aider des enfants pour qui on a évoqué une dys alors que le problème est ailleurs, c'est ainsi qu'un certain nombre de méthodes obtiennent d'apparents miracles. Le bon sens et une méthode adaptée à l'apprenant peuvent tout changer !  

Selon moi, avant tout diagnostic, on devrait s'assurer que toutes ces conditions ont été testées : 
- Méthode globale ou semi-globale évitées car souvent catastrophiques (sauf exceptions si besoin particulier de l'enfant)
- Méthode adaptée au fonctionnement de l'enfant
- Rythme personnel respecté
- Désir (ou non désir) d'apprendre entendu

Les enfants pour qui on soupçonne à tort une dys ont tout à y gagner car on leur évite des angoisses définitives : les progrès sont possibles, la "guérison" aussi puisqu'il n'y a pas de trouble avéré.
Les "vrais dys" aussi... car des pseudo-miracles laissent croire qu'un "miracle" serait possible, certains non professionnels s'autorisent alors à prétendre que les troubles dys n'existent pas... Or il est alors plus difficile d'obtenir les aménagement indispensables en classe et lors des examens. Plus difficile tout simplement d'être entendu et reconnu dans sa souffrance...

L'instruction en famille place l'enfant au coeur des apprentissages, un bon nombre de familles cherchent à suivre le rythme personnel de celui-ci, les apprentissages pouvant avoir un niveau hétérogène en fonction des "matières". Par conséquent l'inquiétude est moindre puisque la pression est peu présente... à discuter cependant car si toutes les personnes en charge du contrôle ne sont pas concernées, certains veulent absolument coller aux normes arbitrairement posées dans le système scolaire... 

Les "vraies" dys

dyslexie
    
Cependant malgré une instruction centrée autour de l'enfant, les enfants dys et instruits en famille existent. 
Et pour cause : la dyslexie, la dyscalculie, la dyspraxie, l'autisme ne sont pas des "maladies à la mode", ce ne sont pas des maladies d'ailleurs, ce sont des modes de fonctionnement particuliers, des "branchements" différents...
Pour moi il est scandaleux de nier leur existence... Nierait-on la paralysie, la surdité, la cécité de quelqu'un ? Bien sûr que non puisque ça "se voit".

Les troubles invisibles n'en sont pas moins réels.

Les nier revient à être comme le maître d'école sur l'image ci-dessus, à imaginer que chacun a les mêmes capacités.
"Ah mais nous n'avons jamais dit ça" s'exclameraient les négationnistes des troubles invisibles. Non, ils ne l'ont pas dit, mais il y a une différence entre avoir plus ou moins de facilités pour tel ou tel domaine et ne pas pouvoir...

Cette semaine diagnostic de dyspraxie pour une jeune fille instruite en famille. Il a fallu dix ans pour obtenir ce diagnostic. En attendant certains ont nié les difficultés.  Le temps, les adaptations n'étaient pas suffisants. Grâce à une instruction entièrement personnalisée il n'y avait aucune "matière" qu'elle n'aimait pas, de tout ce qu'elle pouvait faire. Pour autant tout n'est pas facile, certaines choses sont compliquées et elle doit compenser et se concentrer dix fois plus qu'une autre. C'est ça la réalité d'une personne avec troubles invisibles.
Or je suis choquée lorsque je lis que les dys n'existent pas... Pendant dix ans, il y a eu beaucoup de jugements: jugements sur la "faute de la maman" et pire sur la jeune fille qui s'écouterait trop...
Dire ou écrire n'importe quoi, c'est juger sans savoir.
Dire ou écrire n'importe quoi, c'est favoriser, encourager les jugements.
Dire ou écrire n'importe quoi, c'est créer une souffrance chez quelqu'un qui souffre déjà assez de lutter contre ses difficultés !

Pourtant même avec des troubles dys on peut réussir. Si je n'ai pas encore entendu de témoignage avec une dyslexie sévère et aucun aménagement, en recevant une instruction adaptée, en apprenant à compenser, certains parviennent à réussir un examen sans aménagements !

Sans nier leurs difficultés, laissons les enfants aimer apprendre ! 

3 commentaires:

  1. De mon côté, sans nier ces troubles, ces différences plutôt, je suis convaincue (en tout cas pour l'autisme) que les choses peuvent être grandement améliorées, ce n'est pas figé. Avant de changer de régime alimentaire j'allais entamer des démarches pour un diagnostic de mon autisme Asperger (pour confirmer celui de Loulou sans l'embêter dans un premier temps) . Alors bien sûr je n'ai pas la belle étiquette apposée par les professionnels, mais j'ai suffisamment lu et discuté avec des personnes "comme nous" pour me faire mon avis. Et surtout j'ai vu le changement incroyable se produire sur mes enfants et moi. Et même si les différences sont toujours là, elles sont presque invisibles maintenant. Je les connais alors je les vois, les sens encore, mais ce n'est plus handicapant. Je ne sais pas si sur les "dys" notre deuxième cerveau (les intestins) auraient aussi un rôle là-dedans... ? à voir aussi si les gens sont prêts à faire un changement dans leur vie plutôt que d'avoir une étiquette qui "normalise l'anormal" ?? (ce n'est pas un jugement, juste une réflexion, parce que ça m'interroge... )

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    1. Bonsoir Miss K,
      Concernant l'autisme, j'ai l'impression que ce n'est pas simple ; comme me l'expliquait une amie il est en fait question de spectre autistique, par conséquent on peut avoir des troubles légers ou beaucoup plus importants. J'ai également lu et entendu des infos sur le sujet et tu n'es pas la première à parler de la piste alimentaire, a priori c'est efficace pour certains et pas du tout pour d'autres...
      Ici des ajustements alimentaires ont aussi eu lieu puisqu'allergies pour l'une et intolérances pour l'autre... Concernant la dyslexie zéro différence. :(

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